Liloudallas
perpetual search of emotions through all forms of artistic expression in the city .. and elsewhere ..// Recherche perpétuelle des émotions a travers toutes les formes d'expressions artistiques dans la ville.. et ailleurs..
Liloudallas
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Performance de Monsieur Plume pour l’association Le M.U.R
14 juin 2014
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combostreetart:

A legal kiss is never as good as a stolen one. #stvalentin #streetartparis #paris1 #photootheday #good #inmymind
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7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
7.15pm, heure de New York, je me presse sur la Lincoln Plazza. J’arrive devant le New York City Ballet, essoufflée autant par excitation que par le fait d’avoir couru.
Je rejoins Lina dans la file d’attente. Billets en main, nous montons au premier étage et restons bouche bée devant ce par-terre vivant, revisité par l’artiste “JR”, invité par le New York City Ballet à créer une installation en collaboration avec les danseurs de la compagnie, dans le cadre de leur Art Series 2014.
Pendant que Lina rejoins le troisième étage, je redescend quatre à quatre les marches des coursives, pour prendre la pause dans la “pupille” de l’installation éphémère.
Puis, nous nous hâtons de rejoindre nos places, au troisième balcon.
7.30pm, les lumières s’éteignent, un silence de plomb règne dans l’assemblée. Le lieu est somptueux, les lumières qui ornent la salle, pas tout à fait éteintes, ressembles à de grosses pierres d’ambre.
Le premier archet glisse sur le violon, les rideaux se lèvent, je retiens mon souffle. Et je ne le relâche pas pendant la minute qui suit; mes pupilles sont dilatées, mes poils se hérissent sur mes bras, dans ma nuque, je sens les larmes me monter aux yeux, et je n’arrive pas tout à fait à comprendre ce qui m’arrive. C’est mon premier ballet. Les premières notes de l’Opus 19 de Prokofiev résonnent en moi et se propagent à travers tout mon corps. Janie Taylor et Gonzalo Garcia évoluent sur la scène, mi-humains, mi-créatures fantastiques. Je suis statique dans ma position pas encore tout à fait installée, je n’ai pas pris le temps d’enlever ma veste et j’ai encore la main droite penchée vers mon sac pour en extirper mon appareil photo; mais la musique me cloue à mon siège, ma gorge se serre, je n’arrive pas à déglutir. Je reste ainsi tétanisée pendant les 21 minutes du premier des 3 tableaux qui nous sont présentés ce soir. Comme un rêve agité et fiévreux, le concerto en trois mouvements s’ouvre mystérieusement, prend de l’ampleur avec force dans le scherzo, puis se termine sereinement. La dernière note de musique arrive, les lumières s’éteignent, les applaudissements pleuvent, et mes larmes roulent le long de mes joues. Je met quelques secondes à retrouver l’usage de mon corps et consent enfin à bouger pour applaudir à mon tour à tout rompre ce qui pour moi fut la plus belle, intense et forte émotion que je n’avais plus ressentie depuis longtemps (voire jamais). Première pause de dix minutes, j’essaie de décrire ce que je ressens auprès de mes amis mais je préfère garder cette émotion pour moi, et je suis de toute manière bien incapable d’en retranscrire à l’oral quelque chose d’approchant de la réalité.
Le silence se fait à nouveau et c’est sur le Barber Violin Concerto que se poursuit le Ballet. L’ensemble est moins fiévreux et tourmenté, plutôt frais et contemporain: alternativement noble et chevaleresque, le Barber Concerto pour violon contraste un couple classique avec un couple moderne nu-pieds comme ils échangent de partenaires dans diverses combinaisons.
Je suis frappée par le moment où le danseur moderne évolue avec la danseuse classique, et celle-ci, dans une fraction de seconde au milieu du ballet, s’arque en arrière, et défait son chignon qui libère une cascade de cheveux dorés, comme si la danseuse se libèrait elle-même du carcan du classique (en tout cas c’est de cette manière que je l’ai interprété) et se laissait aller à vivre le moment présent. C’était le moment le plus intense de cette seconde partie pour moi. Ce 2ème volet m’a aussi fait beaucoup rire, de la manière dont évolue le second couple: la danseuse moderne, frivole, libre et audacieuse, se jouant de la rigueur du danseur classique. Le rideau se baisse, les applaudissement se mêlent aux cris du public qui acclame les danseurs et l’orchestre.
Il est temps de prendre l’air pour reprendre ses esprits, et calmer le tumulte qui s’agite en moi. Quelques pas au 3ème étage en admirant de cette hauteur l’oeil de “JR” qui fixe l’assemblée.
Nous regagnons nos places pour le troisième et dernier volet de cette soirée magique. Et alors que je commence à peine à m’habituer à cette déferlante d’émotions fortes, je suis frappée par la beauté du chef-d’oeuvre soigneusement tissé de géométrie et d’ingéniosité: le Stravinsky Violin Concerto. Bien plus de danseurs cette fois-ci, exécutant un incroyable travail de symétrie et d’ordre à l’extérieur, sublimé par un orchestre fougueux qui fournit l’inspiration pour deux des plus unique “pas de deux” de Balanchine.
C’est le seul des 3 concertos contenant des instruments à cuivres dans l’orchestre, ce qui donne encore un nouvel aspect à la musique, et qui permet d’alimenter la surprise et le renouveau de nouvelles émotions.
Enfin, je suis à ce moment là du ballet, prise d’une affection particulière pour le doux et feutré son des chaussons des danseurs sur le sol. Je n’avais pas encore fais attention à ce son si doux qui vient s’ajouter à la multitude de découvertes sensorielles faites ce soir là.
Les danseurs et le soliste viennent saluer, les rappels sont longs et encouragés par des applaudissements tonitruants.
Je suis épuisée par toute cette énergie déployée. Il ne nous reste qu’à aller échanger nos impressions autour d’un verre gracieusement offert par le NYCB, à profiter de l’ambiance festive dans le grand hall où tout le monde s’est rejoint. Un DJ prend les platines pour une playlist plus contemporaine, soul, funk électro, et la foule commence à se déhancher sous le regard  attentif de l”oeil”.
23.20, après s’être prise pour un petit rat d’opéra, il est temps d’aller remplir cet estomac qui crie famine, et de se remettre de ses émotions. Enfin pas tout à fait…
Merci à JR et NYCB d’avoir pour l’occasion fait un tarif unique à 29$ sans quoi il m’aurait été difficile de voir un ballet de ce niveau pour ma première fois, merci aux danseurs et aux musiciens pour cette incroyable soirée, et merci à mon acolyte Lina et à Marie-Laure et François-Pierre d’avoir partagé cette belle expérience avec moi.
LR.
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YEAAAAHHH !!!!!
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Fog Mist 
#nyc #bryantpark  (à Bryant Park)
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GREAT STORY BRO  
#polaroid #NYE
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Sister sister! ´“Eleonor and Rosalba Peale”, by Rembrandt Peale, 1806
#brooklynmuseum #rembrandt #missmysister
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#fluo #flowers 🌸🌸🌸 (à Brooklyn Night Bazaar)